Accompagner ma fille, un pas à la fois…

Je n’ai pas monté le Kilimandjaro, ni marché jusqu’au camp de base du mont Everest! Je n’ai jamais fait de marathon, ni même un demi…Je n’ai pas embarqué dans le grand mouvement du Défi Pierre-Lavoie. Je n’ai pas fait son grand tour, ni la boucle du 10 kilomètres… Je n’ai même pas recherché le plaisir d’en courir cinq dans la mousse ou les couleurs !

Je vous raconte ça alors que j’ai culpabilisé sans relâche pendant des années, en me trouvant paresseuse! Et puis un jour, comme ça, en un instant de lucidité… j’ai réalisé que je faisais moi aussi mon Compostelle…

La seule différence, je crois, c’est que je n’ai pas eu le privilège de choisir mon défi. Il s’est imposé à moi comme le froid en hiver. Et c’est tout au long de mon parcours que j’ai repris contact avec moi et ma nature profonde. Aujourd’hui, en plus de ma passion pour mon travail en milieu scolaire, je souhaite partager avec les parents et les intervenants du monde scolaire, ma vision de l’éducation. Contribuer ainsi, à ma façon, à rendre les adultes de demain plus forts et plus heureux sur le chemin de la réussite.

Je suis Isabelle Gonthier. Je suis passionnée d’éducation!

J’ai été mère pour la première fois en 1998 et une deuxième fois en 2002. William et Gabrielle représentent ce que j’ai de plus précieux au monde, comme vos enfants sans doute! Depuis qu’ils sont dans ma vie, j’apprends de jour en jour à devenir un meilleur être humain et à les inspirer. J’apprends sur moi, mes forces, mes faiblesses et sur la vie.

J’ai été privilégiée plus que d’autres malgré certaines blessures d’enfances. Je ne l’ai pas toujours réalisé, trop occupée par mes petits problèmes! Mais aujourd’hui, je le sais et je suis reconnaissante de ce que j’ai reçu. À partir de 2007, c’est comme si j’avais cassé un miroir sans m’en rendre compte et que les malheurs se sont succédés sans relâche. Pas le temps de me relever qu’une autre baffe me rejetait au sol! Au fil du temps, j’ai perdu cette étincelle qui illuminait mon regard. Je suis devenue de plus en plus vulnérable pour affronter ce qui se préparait…

C’était en octobre 2011.

Mon fils William avait 12 ans, et Gabrielle avait 9 ans. Une enfant joyeuse, active et amoureuse de la nature! Passionnée des chevaux, elle passait des heures à notre écurie avec sa belle petite jument arabe, Sha-Izab.

Un jour, alors que Gabrielle marchait avec elle, Sha-Izab a légèrement sursauté en voyant de trop près quelques oiseaux. Elle a reculé sur le pied droit de Gabrielle, pour lui laisser une petite fracture qui s’annonçait sans complication. Pourtant, alors que ses os reprenaient progressivement leur place, la douleur quant à elle, ne cessait d’augmenter.

Sans que la médecine ne puisse trouver une explication solide (encore aujourd’hui) et surtout le remède miracle pour guérir ma fille, Gabrielle devait maintenant affronter le plus grand défi de sa jeune vie. Le nom d’une maladie inconnue s’ajoutait maintenant à notre vocabulaire : le syndrome douloureux régional complexe (CRPS). Une maladie orpheline rare. Elle causait un dérèglement neurologique de tout son système sympathique, celui qui contrôle entre autres la douleur. Et Gabrielle en était atteinte plus fort que la plupart des autres rares enfants à recevoir ce diagnostic.

J’étais prête pour relever ce défi dans ma vie de mère, comme tous les autres que j’avais eu à affronter, mais bien loin de réaliser tout ce que cette surprise mal emballée déstabiliserait dans la vie de Gabrielle, sous mon regard impuissant…

En juin 2017, Gabrielle avait réappris à marcher 4 fois. Pour y parvenir, c’est entre six mois et un an de travail ardu à chaque rechute. Grâce au support rassurant et inconditionnel de l’équipe multidisciplinaire de la clinique de douleur chronique de l’hôpital de Montréal pour enfants, Gabrielle avance… et moi aussi.

Ma fille vit 24h sur 24h, 7 jours par semaine avec une douleur neuropathique indescriptible pour la plupart d’entre nous. Aucun des médicaments les plus puissants disponibles parviennent à contrer le mauvais signal envoyé par son cerveau à sa jambe et  à la soulager juste un peu, pour qu’elle livre bataille plus facilement.

Telle une guerrière, j’ai appris à affronter Goliath avec toute la force et la détermination qui habite une mère!

Alors que j’étais centrée sur cette mission, tout ce que je croyais solide autour de moi, s’est écroulé. En plus de l’incertitude causée par la condition de ma fille et l’énergie que j’ai déployée pour la soutenir tout au long des années, j’ai eu à affronter mes plus grandes peurs au cours des dernières années :  une séparation qui s’est terminée par un divorce et la fin d’une association professionnelle avec mon mari, un déménagement, la garde complète de mes deux enfants, le stress financier, la dépression de ma fille, la mienne, l’AVC de mon père, la décision difficile de mettre ma carrière en veille.

Bref, en peu de temps, j’ai été secouée par la vie à un point tel que je n’arrivais plus à entrevoir un avenir heureux. Je n’avais pas le temps de reprendre mon souffle, qu’une autre épreuve se dressait devant moi et j’ai fini par perdre complètement mes repères.

J’ai composé avec les arrêts de travail pour accompagner ma fille et tenter de maintenir mon équilibre; cherché tant de fois à expliquer le syndrome à des interlocuteurs qui ne réalisaient pas l’ampleur de la douleur et des limitations de Gabrielle. J’ai passé tellement d’heures à trouver de l’information et des solutions sur ce syndrome méconnu. J’étais en quête et j’y mettais tout.

J’ai toujours été une femme forte, souriante et idéaliste. Centrée sur les solutions plutôt que sur les problèmes!

Pourtant, mes stratégies autrefois efficaces ne fonctionnaient plus… Je n’avais aucune prise sur les événements qui se bousculaient sans arrêt dans ma vie. Je ne savais plus comment m’en sortir, je me voyais faible et impuissante. Je n’arrivais plus à retrouver mon énergie. Jusqu’au jour où je me suis rendu compte que le pouvoir, je l’avais toujours. Pas sur les événements mais plutôt sur la façon de les voir et de les gérer!

Ma fille vit 24h sur 24h, 7 jours par semaine avec une douleur neuropathique indescriptible pour la plupart d’entre nous. Aucun des médicaments les plus puissants disponibles parviennent à contrer le mauvais signal envoyé par son cerveau à sa jambe et  à la soulager juste un peu, pour qu’elle livre bataille plus facilement.

Telle une guerrière, j’ai appris à affronter Goliath avec toute la force et la détermination qui habite une mère!

Mais alors que j’étais centrée sur cette mission, tout ce que je croyais solide autour de moi, s’est écroulé. Car, en plus de l’incertitude causée par la condition de ma fille et l’énergie que j’ai déployée pour la soutenir tout au long des années, j’ai eu à affronter mes plus grandes peurs au cours des dernières années :  une relation de couple difficile, un divorce, la fin d’une association professionnelle avec mon mari, un déménagement avec mes deux enfants, la garde à temps complet, un grand stress financier, des difficultés à gérer l’anxiété qui m’envahissait, la dépression de ma fille, la mienne, l’AVC de mon père et la décision difficile de mettre ma carrière en veille.

Bref, en peu de temps, j’ai été secouée par la vie à un point tel que je n’arrivais plus à entrevoir un futur heureux. Je n’avais pas le temps de reprendre mon souffle, qu’une autre épreuve se dressait devant moi et j’ai fini par perdre complètement mes repères.

J’ai composé avec les arrêts de travail pour accompagner ma fille et tenter de maintenir mon équilibre. Chercher tant de fois à expliquer le syndrome à des interlocuteurs qui ne réalisaient pas l’ampleur de la douleur et des limitations de Gabrielle. J’ai passé tellement d’heures à trouver de l’information et des solutions sur ce syndrome méconnu. J’étais en quête et j’y mettais tout.

J’ai toujours été une femme forte, souriante et idéaliste. Centrée sur les solutions plutôt que sur les problèmes!

Pourtant, mes stratégies autrefois efficaces ne fonctionnaient plus… Je n’avais aucune prise sur les événements qui se bousculaient sans arrêt dans ma vie. Je ne savais plus comment m’en sortir, je me voyais faible et impuissante. Je n’arrivais plus à retrouver mon énergie. Jusqu’au jour où je me suis rendue compte que le pouvoir, je l’avais toujours. Pas sur les événements mais plutôt sur la façon de les voir et de les gérer!

Et ce que j’ai fini par trouver… c’est l’acceptation, la patience et le bonheur à travers l’épreuve. Curieux, n’est-ce pas? On ne trouve pas toujours ce que l’on veut mais davantage ce dont nous avons besoin. À un certain moment, je suis arrivée à cet espace-temps bien précis. Comme la limite entre “tenir bon” et “lâcher prise” !

Consciemment, j’ai opté pour lâcher prise sur la souffrance que j’ajoutais à ma vie. Je me suis mise à porter mon attention sur la magie qui opère à travers les moments les plus pénibles! Il s’est alors passé quelque chose d’absolument merveilleux. Pas du jour au lendemain, mais de plus en plus chaque jour. Progressivement. Assurément. Je me suis d’abord mise à voir les belles choses qui se plaçaient sur ma route et à remercier sincèrement la vie pour cela. J’ai commencé à reconnaître mes efforts, à suivre mon intuition et mon cœur et à me traiter avec douceur.

En acceptant ce qui est, doucement, j’ai rebondi et retrouvé ma force! Aujourd’hui, je suis heureuse et de plus en plus en paix avec les épreuves que j’ai vécues et qui composent ma vie. Comme le dit si bien François Lemay : tout est toujours parfait!

Mon cheminement me permet aujourd’hui de mieux guider ma fille et mon fils. Je sais que je suis aussi une meilleure direction d’école, plus connectée au sens de mon travail. Après avoir été directrice adjointe de 2001 à 2005 et directrice d’école primaire de 2005 à 2015, j’occupe à nouveau un poste de directrice adjointe. Cela me permet de mieux gérer ma vie personnelle et professionnelle pour le moment. L’étincelle est revenue dans mes yeux!

J’ai choisi aussi de faire un peu de place à un projet qui me tient à cœur. Celui d’inspirer les parents à plus large échelle sur le web, en particulier pour mieux composer avec le long parcours scolaire vers la réussite de nos jeunes. Je vous laisse avec cette phrase simple qui m’inspire et m’apaise quand je veux trop! Je souhaite qu’elle vous parle autant qu’à moi!

“Être un bon parent, c’est l’être juste assez…”

Et si vous avez aimé cet article, n’hésitez pas à le partager avec d’autres parents qui pourraient s’en inspirer. Apprécions ce qui se passe, peu importe ce qui se passe… car c’est à partir de ce qui se passe ici et maintenant, qu’une opportunité s’offre à nous de faire autrement et obtenir enfin le bonheur que nous souhaitons…

Nous avons tous un chemin de Compostelle… Quel est le vôtre?

Madame la Directrice